mercredi 3 mars 2010

COBRA - REAL ACTION HEROES 12" - MEDICOM

1985/86. J’ai toujours dit que ces années avaient été les meilleures de ma vie, mais avec le temps, et le recul, je m’aperçois que c’est faux. Je mettais ça sur le compte du temps de l’amitié, les copains d’école, la bande de potes et les filles, les premiers émois etc. La bande de potes surtout, qui profite de vos disques, vous les rend esquintés (quand elle vous les rend), « oublie » de vous appeler quand il y a un truc sympa à faire et vous plante fin juin après le conseil de classe. Les bons amis... La leçon fut dure mais c’est comme les oreillons, il faut mieux avoir ça jeune. Plus tard, les conséquences sont bien plus graves.
Donc, 1985/86. L’air était plus pur ? Le soleil plus lumineux ? Les filles plus belles ? Non. L’air était aussi pourri que maintenant, et peut-être même plus, surtout en avril 86, le soleil était le même et les nanas cotisaient chez Biactol. L’âge d’or que l’on regrette tant n’est qu’une vision romantique de l’esprit. Pendant que nous pensions que tout était beau, d’autres en chiaient à la même période.

En 1985, Canal+ se mit aux dessins-animés japonais. Super Durand, L’Empire Des Cinq etc. Et surtout, Cobra. Toutes ces séries avaient en commun leurs génériques, dont les paroles étaient signées par un certain « Paul Persavon », en réalité Antoine De Caunes. Ça restait en famille, comme souvent avec Canal. Amusant venant d’un type qui a toujours craché sur les dessins animés japonais de le voir signer des paroles qui ont dû lui prendre 10mn à écrire sur un coin de table de resto à trois étoiles. Ça l’a bien nourri. La branlette et l’hypocrisie ont toujours été les mamelles de cette chaîne qui s’est toujours crue mieux que les autres alors qu’elle était aussi beauf, sinon plus, que TF1…
A l’époque, je suis complètement passé à côté de ces séries. D’une part, parce que je regardais beaucoup moins la télé, passant mon temps de libre à aller chez les uns et recevant les autres, mais aussi pour une simple et bonne raison : la télé familiale était trop vieille pour capter ces nouvelles chaînes et surtout, les régler nécessitait un diplôme agréé par la NASA tant le nombre de molettes était important. J’aurais pourtant pu les voir vu que ma petite télé perso noir et blanc dans ma chambre recevait Canal mais bon, j’avais autre chose à faire.

Je dus attendre que Cobra soit racheté par Antenne 2, et diffusé dans Récré A2, pour découvrir ce gusse en collant rouge. L’adhésion fut immédiate. Nous étions en face d’un personnage vraiment curieux. Il était invincible, trop fort même sur bien des aspects, chose que je n’ai jamais vraiment aimé, mais il ne se prenait pas au sérieux. C’était un véritable bouffon.
Tout amateur de manga sait que Buichi Terasawa créât Cobra en prenant modèle sur Jean-Paul Belmondo dont il est fan. Un personnage donc malin, filou, habile, viril mais désinvolte et avec le sens de l’humour. Et avec un appareil génital en état de marche ! Chose extrêmement rare dans les dessins animés. Et même si, avec le recul, Cobra fait plus penser à un puceau en rut à la recherche de son premier coup, l’identification ne pouvait que se faire car nous étions tous dans le même cas à ce moment là.


Septembre 1985. J’étais en 5e à cette époque. Ma première 5e… Un lundi sur deux, je finissais à 17h, malheureusement. Deux heures mortelles d’EMT terminaient ma première journée de la semaine. EMT pour « Education Manuelle et Technique »… Cela existe-t-il encore de nos jours ça ? J’espère que non car ce dont je me rappelle de ces cours, mis à part un ennui profond, c’est la fabrication de classeur avec des chutes de papiers hideux et autres confections d’animaux en macramé… La séquence « bricolage » de Croque-Vacances en version scolaire quoi. A quoi ça sert d’apprendre ça ? Est-ce utile dans la vie plus tard ? Non ! Songez à tous ces heures de vie perdues, assis sur son cul, à attendre que l’heure tourne, à entendre (non pas « écouter », mais « entendre », notez la différence) un(e) prof à peine convaincu de sa mission vous expliquer un truc qu’il/elle a sottement appris par cœur… De toute façon, on supprimerait les matières scolaires qui ne servent à rien dans la vie future, il ne resterait pas grand-chose.

Donc, un lundi sur deux, EMT. Avec une espèce de connasse en guise de prof, à peine la trentaine mais en faisant déjà le double sur la tronche, coincée des synapses et sans doute d’ailleurs, et une voix haut perchée. Tout pour plaire ! Elle écorchait mon nom à chaque appel, ne pouvant (voulant ?) se rappeler de la bonne prononciation alors que je ne suis pourtant pas d’origine polonaise… Il était clair qu’elle ne pouvait pas me blairer. Ça tombait bien, c’était réciproque mais j’étais encore trop jeune pour me faire respecter, et mes pouvoirs de mutant sur la répartie cinglante, meurtrière et instantanée ne s’étaient pas encore manifestés. Je ne disais donc trop rien, même si secrètement, je me voyais lui éclater sa vieille tête desséchée avec une batte.
Je passais ces deux heures à faire le zouave pour amuser les quelques boudins acnéiques de mon groupe entre deux collages de tapisserie datant des années 70 en guise de papier… Je n’avais qu’une hâte, c’était que ça se termine, pour me tirer, m’échapper, m’enfuir, m’évader, et regarder Cobra !

A la fin de chaque journée, du lundi au vendredi, quelle que fut l’heure, on raccompagnait les filles jusque chez elles. Enfin, uniquement les belles. Les moches, elles, rentraient seules... Cruauté de l’adolescence. Nous avions 13/14 ans, les hormones commençaient à nous titiller, aussi bien les filles que les garçons. C’était devenu le rituel obligé. Certains mecs leur portaient leur sac. Je n’ai jamais versé dans cette attitude de livreur en devenir, même transi d’excitation pré-séminale devant certaines… Je continuais simplement mon numéro de comique qui faisait rire tout le monde, même si c’était souvent à mes dépends…
Donc, tous les jours: [mode drague on]. Tous les jours, sauf le lundi après 17h ! Ben oui, lors de sa diffusion dans Récré A2, Cobra démarrait vers 17h/17h10. Il fallait donc se presser pour rentrer chez soi pour voir l’épisode de la semaine. Et là, plus question de jouer les Roméo de banlieue rouge :

Valérie-Sandrine-Christelle-Karine : - Tu me raccompagnes chez moi Sébastien ?
Moi : - Hein ? Ah non non non ! Pas le temps ! Désolé ! Salut !

Quel mufle ! Mais Cobra était plus important que ces mini pétasses qui se prenaient pour des femmes tout ça parce qu’elles venaient d’avoir leurs premières règles le mois dernier. Et j’ai bien fait vu qu’il ne s’est rien passé pour moi de privé cette année là question massage labial. Je dus attendre la suivante pour (enfin !) lustrer de ma langue mon premier appareil dentaire, celui d’une nana, dont j’ai retrouvé la trace sur Blaireaux D’avant et qui est désormais mariée, mère de trois gosses et cadre. Tout pour plaire ! Salut à toi quand même J., je t’ai beaucoup aimée à l’époque.
Pas de gouzi-gouzi le lundi soir donc ! Direction : chez moi ! Et seul ! Pas de potes-boulet avec moi qui voulaient s’incruster, une attitude qui ne m’a jamais lâché ça. Je veux être tranquille pour savourer un moment bien à moi.
Je me revois encore en train de courir comme un dératé pour rentrer chez moi, avec mon sac US, semant parfois un stylo ou deux dans ma course, et espérant que la pub me sauverait question horaire. La télé, c’est comme la SNCF, elle n’est jamais à l’heure.
A peine arrivé, épluché de mon blouson, le sac expulsé de mon épaule (on ne portait jamais son sac sur son dos dans les années 80, mais sur le coin de l’épaule, avec la main tenant les deux sangles, « à la cool »… Et devinez qui a des problèmes de dos désormais ?), j’enfonçais sauvagement le bouton de la télé. Puis, presque essoufflé, je m’écroulais dans le canapé familial déglingué pour suivre Cobra. MON Cobra de la semaine ! Vous avez remarqué ? Quand on n’a pas de télécommande, on allume d’abord la télé et on se vautre ensuite…

Même s’il n’a jamais égalé Goldorak chez moi, j’aimais ce personnage et ses aventures couillues. Il y avait chez lui un ton résolument adulte. Enfin, non, pas adulte, mais adolescent. C’est-à-dire, avec une surenchère de testostérone, un côté un peu « too much », voulant faire oublier son passé gamin en en rajoutant des tonnes, mais qui allait très bien avec la période que nous traversions tous à ce moment là. Cobra n’était qu’un ado attardé finalement.
Il fit partie de ces derniers dessins-animés japonais que j’ai regardés « officiellement ». Ce n’était pas honteux de dire à 13/14 ans que l’on suivait ça, la série avait une très bonne réputation et tous les mecs de la classe, ou presque, la regardait de la même façon que moi. Même quelques nanas. L’année suivante, ayant pris un an de plus, je me mis à mentir, crachant sur « ces émissions de gosses », mais regardant encore quelques trucs en cachette, dont Princesse Sarah qui me déprimait délicieusement. C'était mon côté rosière. Ça, je ne pouvais pas l’assumer pleinement à l’époque pour des raisons évidentes.
Toujours dans l’esprit « crépuscule d’une période », Cobra fut également mon dernier album Panini en date. Bien qu’incomplet, une constante chez moi, je l’ai toujours.

Le temps a passé. Alors que tout le monde se ruait sur le Laser-Disc, en 1995, j’acquis mon premier magnétoscope. J’ai toujours eu du retard sur ce genre de matos. Je ne suis pas moderne. C’était l’époque où les « mangasses » (ça agace…) commençaient à envahir notre beau pays de France. Un nouveau « Péril Jaune ». AB Productions sauta sur l’occasion et sortit tout et n’importe quoi. Ils se lancèrent même dans les jouets sur Dragon Ball Z, qui devint leur vache à lait pendant quelques années, bien que n’ayant aucun droit pour exploiter la licence, mais aussi Cobra, avec des résultats lamentables comme vous avez pu le voir ici.
Les goodies, c’est bien gentil mais quand on pense à « dessin animés japonais », on veut surtout les regarder. Conscients de cela, et loin d’être idiots malgré leur âpreté au gain confinant à la folie, comme chez tous les marchands de jeans, AB lança AK Vidéo, et inonda le marché de K7 vidéo, avec d’autres éditeurs également, bien décidés à obtenir un part du copieux gâteau. Ce fut un bien, car le choix était ultra limité à l’époque, et un mal vu les prix de chaque K7 à l’unité, en moyenne 150frs. Cobra fut édité presque de suite. L’été 95, je me fendis des trois premières K7 de la série. Quasiment 500 balles

Contrairement à d’autres séries qui avaient atrocement mal vieilli, comme Capitaine Flam par exemple, Cobra m’enchanta à nouveau, après dix années sans le voir. Mes yeux d’enfant avaient laissé place à des yeux d’adulte et ceux-ci ne s’écarquillèrent point d’horreur devant ce que je vis. C’était toujours aussi bon. Excellente animation, bons dessins, et surtout, des scénarios tenant la route.
Avec ces trois K7, contenant moins de 10 épisodes, je pus au moins retrouver la saga de l’Homme De Verre (Crystal Boy en vo), personnage ô combien charismatique, sans oublier Tarbeige, « l’homme-plante » comme on l’appelait vu qu’il n’avait aucun nom en VF, dont la fin m’avait marqué. Toute cette nostalgie retrouvée et intacte valait bien mes 500 balluches dépensées. Je pestais quand même de n’avoir pu acheter la suite pour retrouver notamment l’épopée du rugball, qui doit être sans nulle doute les meilleurs épisodes de Cobra. On notera que ce sont ceux où il fait pourtant le moins usage de son psycho gun, le fameux « rayon Delta ».
En 2005 je crois, je m’offris l’intégral en DVD de Cobra à un prix dérisoire, moins de 20€ (on le trouve à moins de 10 désormais…) et je pus enfin revoir ce classique dans son intégralité, dont les épisodes de rugball. Ce fut intense et jouissif. Et même si la compression numérique avait légèrement salopé les couleurs (le jaune vire souvent au vert…), qu’importe ! Toute ma vie, j’ai enregistré de la musique et des films dans des conditions merdeuses, je ne suis pas snob, j’ai vu pire. Le plaisir était tout de même là et tout à moi.

Cobra est toujours resté un personnage cher à mon cœur. En voyant la figurine RAH (Real Action Heroes) de Medicom soldée cle mois dernier, mon sang n’a fait qu’un tour ! Par ici Cobra. Allait-il être à la hauteur de mon souvenir de gosse ? Voyons ça en détail.

Aspect extérieur parfaitement réussi et fidèle au manga.

30cm de haut.

Entièrement articulé.


L'habit est une sorte de tissu-plastique très seyant imitant le cuir.

Il est doublé d'un molleton intérieur afin de rembourrer.




Un regard un peu féminin quand même... C'est le seul léger reproche que je pourrai lui faire.


Le cigare ne s'enlève pas.

Toujours une bonne allure quelle que soit la position.


Le nez en patate si cher à Terasawa (matez les manga, parfois c'est hallucinant) est préservé. cette figurine s'inspire bien plus du manga que des différentes animations.

- Allô Lady?

Là, on le retrouve bien.


Comme toujours chez Medicom, un grand souci du détail.

Comme pour Albator précédemment chroniqué, un support transparent est livré mais inutile ici.

Gonflé quand même un personnage fumant alors que nous sommes en pleine époque du politiquement correct et qu'un fumeur est quasiment considéré comme un nazi de nos jours...

Tu parles d'une truffe!

Bon, assez rigolé! Cobra est surtout célèbre pour quelque chose de bien particulier.

Et cette chose se trouve dans son bras gauche.

Il lui suffit de tirer dessus et...

Oh! Ça s'enlève!

Dévoilant ainsi son fameux psycho gun!

Si vous êtes un "pirate de l'espace", barrez-vous!


Le "tube" du psycho gun se retire afin de le glisser dans un des bras "vides" livrés avec la figurine. A noter que même sans le tube, le psycho gun ne rentre pas totalement dans le bras. C'est là qu'on voit qu'il y a une différence entre le réel et la fiction.


Impossible de dire que c'est une mauvaise figurine quand on la voit dans ce genre de pose!


Classe!


Très bonne photo! Quand je veux...

Excellent travail sur le psycho gun.






L'ajout du flingue de Cobra aurait été sympa aussi, dans un holster à sa jambe.

Façon acrobatique...

Ou en pleine course.

On n'a pas trouvé mieux qu'un psycho gun pour se gratter les fesses!

Plusieurs bras et mains sont livrés avec la figurine.

Fixation solide. Pour enlever la main, il faut appuyer sur le bandeau de poignet et tirer.

Le bras gauche de Cobra se retire aussi.

Tous les bras et mains.

La banane!





A l'arrivée.

Je n'aime pas du tout ce dessin! On dirait Ken de Street Fighter II...



Le verso remonte le niveau.

Comme de juste avec Medicom, une superbe figurine très respectueuse de l'original. HD avec sa version rugball peut s'accrocher!

4 commentaires:

  1. Woohoo trop bien celle-là aussi (je viens de commenter la figurine d'Albator), elle irait bien à côté du coffret collector DVD qui a le même visuel ;)

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  2. Très belle figurine ! C'es rare qu'une figurine de Cobra soit réussie d'ailleurs ! C'est effectivement dommage qu'il ne propose pas le flingue et le holster, alors que dans la version "Before Surgery", le holster est présent.
    Je préfère cependant le "Cobra Air Bike de Mega House"
    Heimilh

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    Réponses
    1. C'est sans doute pour faire acheter cette figurine en plus qu'ils ont mis le holster sur l'autre. Des malins.

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  3. Oui, surement !

    une prochaine figurine de cobra est en préparation :
    http://omocha.keedan.com/track/2012/07/29/figma-cobra/

    Le sculpt promet du lourd !!!!
    Heimilh

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